Rin/ mai 6, 2020/ Écrits/ 0 comments

Je ne sais pas par où je dois commencer ? Je pense que je pourrais commencer par une formule de politesse mais, je pense que tout le monde s’en fout… Bref, faisons cela tout de même. Bonjour à vous qui allez me lire… Je vous avoue que c’est assez bizarre de vous dire bonjour alors que vous allez peut-être me lire dans la soirée ou même dans la nuit, bon… Je ne sais pas si quelqu’un va réellement me lire mais, au moins, je n’aurais pas de regrets. Je sais parfaitement qu’il m’a retrouvé et qu’il me veut. Je ne sais pas comment j’ai chopé cette créature mais, depuis plusieurs semaines, elle me traque. Elle me traque sans relâche… Vous allez sûrement me prendre pour un fou, mais je vous le conjure, il n’y aurait que les fous qui n’auraient pas peur de ce… Cette chose.

Tout a commencé au petit matin, je venais de me réveiller après avoir fait un rêve plutôt banal. Vous savez, le genre de rêve qui est plaisant à vivre mais sans plus, un rêve qui ne marque pas réellement votre esprit. Un rêve lambda comme vous diriez ! Je m’étais dirigé vers la salle de bain pour prendre une douche mais, au moment de retirer mon pantalon, j’ai remarqué d’étranges griffures sur mes jambes. Elles ne me faisaient pas spécialement mal et elles n’étaient pas profonde. J’aurais pu vous dire que c’était mon chat qui avait confondu mes jambes avec son griffoir, malheureusement, je n’ai ni chat ni autre animal. Je vous avoue que je n’y ai pas vraiment prêté attention, pensant surtout que j’ai dû me griffer sans m’en rendre compte.

J’avais passé une journée assez calme, je n’ai pas un boulot très excitant. C’était le genre de travail où vous êtes juste impatient de rentrer chez vous. Je m’étais mis devant mon ordinateur pour regarder mes mails, des vidéos et jouer à quelques jeux en compagnie de mes amis. C’était une journée-type pour moi ! Au moment d’aller me coucher après une énième partie, j’entendis quelqu’un siffler. Je m’étais redressé en sursaut, regardant en premier lieu, mon ordinateur car j’avais pensé que c’était un de mes amis. Il aurait pu siffler assez fort pour me faire peur mais, j’avais déjà quitté la conversation vocale.

En étant sincère avec vous, je n’étais réellement pas bien. J’avais cette fâcheuse impression d’être observé, d’être épié dans un coin sombre de la pièce. J’avais beau patrouiller dans toute la maison, une bouteille en plastique remplit à la main… Oui bon, j’avais pris la première chose que j’avais sous la main, pensant surement que j’aurais une petite chance d’assommer l’intrus avant de m’enfuir. Je n’avais rien trouvé, juste ce sifflement que je gardais en tête et qui me hanta plusieurs longues minutes. Il avait l’air si réel, si proche et pourtant, tout était fermé à clef. Suite à ce petit stress, je décidais d’aller me coucher sachant que je ne trouverais rien d’autres.

Je me suis réveillé en sursaut, me tordant de douleurs. J’avais levé le haut de mon pyjama pour retrouver des nouvelles griffures bien plus profondes. Il devait être dans les quatre ou cinq heures du matin quand j’ai rejoint ma salle de bain afin de soigner mes blessures. J’avais beau chercher une solution du pourquoi et du comment mais, je ne trouvais rien. J’avais fini par faire le tour de ma demeure, m’assurant que les fenêtres et les portes étaient bien fermées et enfiler une boite de pilules anti-douleur avant de me rendormir.

Mon stress et la douleur m’avaient offert plutôt un cauchemar où une créature difforme s’était approchée de moi, me regardant depuis l’obscurité. Elle était de grande taille, mesurant au-delà des deux mètres, son corps semblait posséder de nombreuses pustules de différentes tailles tandis que sa tête en forme de crâne humain flottait dans un liquide jaunâtre. Il venait d’ouvrir sa mâchoire pour me laisser entendre un cri strident. Il possédait de longues griffes ensanglantées et ne bougeait pas. Dès que je détournais mon regard, il sifflait comme pour m’appeler. Je ne sais pas pourquoi mais, je me sentais forcé de le regarder, comme si, au fond de moi, je savais qu’il pourrait m’attaquer si je ne lui obéissais pas.

Pendant toute la durée de mon cauchemar, c’était ça. La créature difforme en train de me regarder ou que j’aille. Tantôt dans un coin obscur, tantôt dans l’entrebâillement de la porte, prêt à siffler ou à crier. Je m’étais réveillé avec ce sentiment d’insécurité… Cette chose dans mes songes ne m’avait rien fait et pourtant, j’avais l’impression de la voir partout, dans le moindre recoin sombre. Au fil des jours, je n’osais même plus pénétrer dans une pièce sans qu’elle soit éclairée, utilisant ce que j’avais sous la main pour éviter qu’aucune partie de mon corps s’enfonce dans les ténèbres. Ce n’était qu’un maudit cauchemar qui se répétait chaque nuit et pourtant, il me mettait réellement mal à l’aise. Les premières choses que j’ai faite était d’inspecter mon corps à la recherche de griffures, mais depuis que je l’ai vu… Je n’avais plus rien. Depuis ces événements, j’explorais chaque recoin de ma maison à la recherche d’une potentielle faille qui permettrait à quelqu’un… Ou à quelque chose de rentrer. Evidemment, je n’ai rien trouvé.

J’avais pris plusieurs jours de congé, me sentant incapable d’aller travailler. J’ai commencé à écrire sur différents sites et forums. Parlant de mon expérience, de ce que j’avais vu, de mes griffures ainsi qu’une description de la créature. Je notais tout ce qui me venait en tête, chaque détail qui m’avait marqué. J’avais fait de nombreuses recherches en espérant de trouver une explication mais, c’était toujours trop flou. Certains parlaient de mythes, de légendes, de fantômes qui cherchaient à se venger. Rien de concret, rien qui remplissait tout ce qui m’était arrivé.

J’étais complètement désespéré, plusieurs heures s’étaient écoulées tandis que je cherchais une potentielle solution. La moindre réponse qui pourrait soulager ma paranoïa. Je me sentais extrêmement seul d’un coup, comme si personne n’avait vécu quelque chose de semblable. Bien entendu, j’avais laissé toutes les lumières allumées, n’osant plus voir une parcelle d’ombre dans la maison… Il devait être dans les dix-huit heures, peut-être même dans les vingt heures quand mon ventre gronda, réclamant de la nourriture… J’avais passé toute ma journée à faire mes recherches pour un résultat proche du néant.

Quand je me suis redressée de ma chaise, j’entendis une nouvelle fois ce sifflement. Le même que l’autre nuit, j’étais resté silencieux, la peur s’intensifia. J’avais froid, je tremblais et mon corps refusait de remuer. J’étais resté là, en silence en espérant au fond de moi que ce n’était qu’un mauvais rêve. Mon sang ne fit qu’un tour quand j’entendis des bruits de verres explosés au fur et à mesure, cela se rapprochait de moi. J’avais eu le courage de regarder d’où provenait le bruit, c’était mes ampoules qui explosaient, l’obscurité grandissait au fur et à mesure que la lumière disparut des pièces. Cela se rapprochait de plus en plus, l’adrénaline fit que j’ai pu commencer à bouger, mais j’étais coincé, je regardais la dernière ampoule qui était ma source de lumière. Je priais au fond de moi que ce n’était pas ce que je pensais, mais si, c’était lui. Je reconnaissais ses griffes venant craqueler le cadre de la porte, sa respiration rauque tandis qu’il me fixait.

Clank !!!

Je m’étais retrouvé dans le noir, je n’avais pas la force de crier. Je m’étais recroquevillé dans un coin, les yeux fermés, je ne voulais pas voir la créature, tout mon corps tremblait. Plusieurs fois, j’avais l’impression que mon cœur allait lâcher. Une sensation qu’il me touchait de ses longues griffes. Il était là, à côté de moi, peut-être derrière moi… Puis, je me réveillais en hurlant.

J’étais à l’hôpital, des policiers étaient à mon chevet voulant des explications de ce qui m’étais arriver. Des voisins m’avaient entendu hurler, ils avaient appelé la police directement et ces derniers m’avaient retrouvé recroquevillés sur le sol. Des griffures partout sur mon corps… J’ai expliqué tout en détail, mais évidemment, ils ne m’ont pas cru. J’ai tenté plusieurs fois d’expliquer aux infirmières, aux policiers, et même à certains de mes amis, mais personne ne m’a cru. À force, on m’avait même placé dans un centre psychiatrique, me catégorisant comme fou.

Et je vais vous avouer, qu’au début tout allait bien. Je ne regrettais même pas la décision, je me sentais serein. Je pouvais me reposer, dormir, faire ma vie comme je l’entendais sans que cette créature vienne. Mais depuis quelques jours… Mes congénères se retrouvent avec plusieurs griffures et parlent d’une créature qui les regardent. De temps en temps, je peux entendre des sifflements derrière la porte de ma chambre… Je sais que le monstre est là, me signale qu’il est proche et prêt à agir. À l’heure que j’écris, je l’ai plusieurs fois entendu gratté à ma porte, cherchant un moyen de l’ouvrir.

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